Treize jeunes, dont trois filles, ont comparu ce lundi 12 octobre 2026 devant le Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn pour des faits liés à la détention et à la consommation de chicha. À l’issue de l’audience, huit prévenus ont été déclarés coupables et condamnés chacun à une amende de 500 000 francs guinéens, tandis que les cinq autres ont été renvoyés des fins de la poursuite.
L’affaire fait suite à une opération nocturne menée jeudi dernier par les forces de l’ordre dans plusieurs bars et lounges de Conakry, notamment dans la commune de Ratoma. Au cours de cette patrouille, treize personnes ont été interpellées dans différents établissements. Parmi elles figurent des élèves, des étudiants, des diplômés, des marchands, des serveuses, des mécaniciens et des techniciens de son.
À la barre, les prévenus ont unanimement contesté les faits qui leur sont reprochés. Plusieurs d’entre eux ont notamment nié avoir consommé de la chicha, malgré la présence de matériels liés à cette activité dans certains établissements.
Sira Fofana a reconnu que la pipe à chicha se trouvait en sa possession, tout en niant avoir détenu, commandé ou consommé cette substance.
De son côté, Amadou Baïlo Bah a soutenu que les activités liées à la chicha avaient cessé depuis l’annonce de son interdiction par les autorités. Selon lui, seuls quelques accessoires inutilisables étaient encore présents dans l’établissement.
« Depuis qu’on a interdit la vente de la chicha, on a tout arrêté. On a tout évacué. Il ne restait que trois tuyaux inutilisables. Mais personne ne vendait de la chicha dans la boîte », a-t-il déclaré à la barre.
Moussa Camara a également rejeté les accusations portées contre lui. Il a expliqué que la présence de plusieurs personnes dans un bar ne signifiait pas nécessairement qu’elles consommaient de la chicha.
« Nous étions dans le bar au nombre de sept personnes. Ce n’était pas ouvert à tout le monde. Mais il n’y avait pas la chicha dans la salle. La chicha se trouvait dans la cuisine », a-t-il précisé.
Pour sa part, Habib Diallo, présenté comme le gérant d’une boîte de nuit, a indiqué que les agents avaient saisi 70 bouteilles destinées aux machines à chicha, entreposées dans un magasin. Il a affirmé que ces équipements n’étaient pas opérationnels au moment de leur découverte.
« Ces 70 bouteilles saisies n’étaient pas opérationnelles », a-t-il soutenu.
Malgré ces contestations, le tribunal a déclaré huit des treize prévenus coupables des faits poursuivis et les a condamnés chacun au paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens. Les cinq autres ont été renvoyés des fins de la poursuite.
Cette affaire intervient dans un contexte de lutte contre les activités liées à la chicha en Guinée. Elle remet en lumière les opérations de contrôle menées dans les lieux de divertissement de la capitale et les conséquences judiciaires auxquelles peuvent s’exposer les personnes poursuivies pour des faits liés à cette pratique.
Mamadouba CAMARA