Guinée-Bissau : le « Oui » s’impose à 70 % au référendum constitutionnel, un résultat déjà contesté

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Trois jours après le référendum constitutionnel du 30 août 2026, la Guinée-Bissau entre dans une nouvelle phase politique. Selon les résultats provisoires annoncés par la Commission nationale électorale, le projet de nouvelle Constitution a recueilli 70 % des suffrages, contre 30 % pour le « Non ». Une victoire qui ouvre la voie à une profonde transformation du système politique du pays, mais qui reste vivement contestée par l’opposition et une partie de la société civile.

La Commission nationale électorale a rendu publics les résultats provisoires du référendum constitutionnel organisé le 30 août en Guinée-Bissau. D’après les chiffres communiqués, le « Oui » l’emporte largement avec 70 % des suffrages, tandis que le « Non » recueille 30 %.

Cette victoire, si elle est confirmée par les résultats définitifs, pourrait profondément modifier l’organisation politique du pays. Le projet de nouvelle Constitution prévoit en effet de remplacer l’actuel système semi-parlementaire par un régime présidentiel renforcé, accordant davantage de prérogatives au chef de l’État.

Malgré le score annoncé en faveur du « Oui », le projet constitutionnel est loin de faire l’unanimité. Ses détracteurs estiment notamment que la nouvelle Constitution risque de concentrer davantage de pouvoirs entre les mains du président de la République.

L’opposition conteste également la portée du scrutin. Elle affirme que le référendum a été marqué par un important boycott des électeurs, mettant ainsi en doute la représentativité du résultat annoncé.

La société civile se montre elle aussi critique. Certains acteurs considèrent le processus constitutionnel comme une tentative de légitimer la prise de pouvoir militaire intervenue en novembre 2025.

Le référendum intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Depuis novembre 2025, la Guinée-Bissau est dirigée par une junte militaire, arrivée au pouvoir après le renversement du président sortant, Umaro Sissoco Embaló.

Le coup de force avait notamment conduit à la suspension du processus électoral et plongé le pays dans une nouvelle période de transition.

Les autorités militaires ont toutefois annoncé leur intention d’organiser de nouvelles élections générales afin de permettre le retour des civils au pouvoir. Selon le calendrier prévu, cette transition devrait prendre fin avec une remise du pouvoir au début du mois de décembre.

Les résultats annoncés le 2 septembre restent provisoires. La Cour suprême doit encore proclamer les résultats définitifs dans les prochains jours.

Pour l’heure, la juridiction indique n’avoir été saisie d’aucun recours concernant le scrutin.

De son côté, la Commission nationale électorale défend fermement le processus. Par la voix de sa présidente, Carmen Izaura Lobo, elle a salué le déroulement du vote, évoquant un scrutin marqué par le succès, la transparence et la crédibilité.

Si les résultats provisoires sont confirmés, l’adoption de cette Constitution constituerait un tournant majeur pour la Guinée-Bissau. Le passage à un régime présidentiel renforcé pourrait redéfinir durablement les rapports entre les institutions et le pouvoir exécutif.

Mais au-delà du score de 70 % obtenu par le « Oui », une question demeure : cette nouvelle Constitution parviendra-t-elle à faire consensus dans un pays déjà profondément marqué par les crises politiques et les interventions militaires ?

La réponse dépendra autant de la validation définitive des résultats que de la capacité des autorités de transition à organiser des élections crédibles et à assurer un véritable retour à l’ordre constitutionnel.

Mamadouba CAMARA

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