Tribune : Le vrai secret des premiers n’est ni la chance, ni le génie (Par Mamadouba CAMARA)

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À chaque proclamation des résultats des examens nationaux, une question revient sans cesse : comment certains élèves parviennent-ils à décrocher la première place ? Beaucoup évoquent la chance, un don naturel ou encore des sujets favorables. Pourtant, le parcours de François Togba Guilavogui, premier de la région de Nzérékoré au BEPC 2026, raconte une tout autre histoire.

Son témoignage est une véritable leçon de vie. Une leçon qui mérite d’être entendue par les élèves, les parents, les enseignants et les décideurs.

L’excellence ne se construit pas en quelques semaines. Elle se prépare longtemps à l’avance. François l’a compris dès la 9e année en anticipant les difficultés de la classe de 10e. Pendant que d’autres attendaient la dernière ligne droite pour commencer les révisions, lui consolidait déjà ses bases en mathématiques, physique et chimie. Cette vision à long terme est sans doute l’une des grandes clés de son succès.

Son quotidien était également marqué par une discipline exemplaire : participation aux clubs d’études, séances de révision organisées par l’école, travail personnel à la maison et réveil à 4 heures du matin pour apprendre ses leçons. Dans une époque où les distractions occupent une place grandissante dans la vie des jeunes, ce choix du sacrifice rappelle qu’il n’existe pas de raccourci vers l’excellence.

Mais cette réussite n’est pas seulement individuelle. Elle est aussi le fruit d’un accompagnement familial et pédagogique de qualité. Un père présent, un professeur de maison engagé, des enseignants disponibles et un établissement qui encourage les révisions. Le succès d’un élève est souvent le résultat d’une chaîne de solidarité éducative où chacun joue son rôle.

Autre enseignement important : la foi. Au moment où les résultats étaient proclamés, François Togba Guilavogui participait à un camp biblique. Sa première réaction fut de rendre grâce à Dieu. Quelles que soient les convictions de chacun, son attitude rappelle qu’il est possible d’allier études, spiritualité et humilité.

Son message aux candidats recalés mérite également d’être salué. Au lieu de considérer l’échec comme une fatalité, il invite à chercher les causes de l’échec, corriger les insuffisances et revenir plus fort l’année suivante. C’est une vision constructive dont notre système éducatif a besoin. L’échec ne doit jamais définir un élève ; il peut devenir le point de départ d’une réussite future.

Enfin, son rêve de devenir ingénieur en bâtiment montre que l’excellence scolaire prend tout son sens lorsqu’elle est portée par une ambition claire. Les meilleurs élèves ne sont pas seulement ceux qui obtiennent les meilleures notes ; ce sont aussi ceux qui préparent dès aujourd’hui le pays qu’ils souhaitent construire demain.

L’histoire de François Togba Guilavogui dépasse donc le simple cadre d’un classement au BEPC 2026. Elle nous rappelle que le talent sans discipline ne suffit pas, que le travail finit toujours par être récompensé et que l’excellence reste accessible à tous ceux qui acceptent d’en payer le prix.

Par Mamadouba CAMARARédacteur en Chef

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