TRIBUNE – Mali : face au terrorisme, l’Afrique ne peut plus hésiter

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Le Mali est aujourd’hui meurtri. Les attaques terroristes qui frappent son territoire ne sont pas de simples faits divers sécuritaires. Elles constituent une offensive méthodique contre la stabilité d’un État et, au-delà, contre l’équilibre fragile de tout le Sahel. L’émotion est vive, la douleur profonde, mais elle doit désormais laisser place à une lucidité stratégique.

La disparition tragique de personnalités majeures, dont le général Sadio Camara, rappelle brutalement que nul n’est à l’abri. Ces actes ne visent pas uniquement des cibles militaires ou institutionnelles. Ils cherchent à semer la peur, à briser la confiance des citoyens envers leurs dirigeants et à installer le doute dans les esprits. C’est une guerre psychologique autant que sécuritaire.

Soyons clairs : aucune nation sahélienne ne peut affronter seule cette menace. Les réponses fragmentées ont montré leurs limites. Les groupes terroristes ignorent les frontières, exploitent les failles de coordination et prospèrent sur les divisions. Continuer à agir en ordre dispersé serait une erreur stratégique lourde de conséquences.

Il est temps de franchir un cap décisif. L’idée d’une Force africaine de lutte contre le terrorisme ne doit plus rester un projet théorique. Elle doit devenir une réalité opérationnelle. Une telle initiative exigerait des engagements concrets : mutualisation des renseignements, harmonisation des stratégies, mobilisation de ressources financières conséquentes et mise à disposition de moyens logistiques modernes.

L’Afrique doit démontrer qu’elle est capable d’assurer elle-même sa sécurité.
La sécurité du Mali n’est pas une affaire strictement nationale. Elle concerne l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et, par ricochet, tout le continent. L’instabilité dans une région se propage inévitablement ailleurs. La paix durable ne se construit pas sur des réponses isolées, mais sur une solidarité assumée.

Protéger les populations civiles doit rester la priorité absolue. Sans sécurité, aucun développement durable n’est possible. Sans perspectives économiques, la jeunesse reste vulnérable aux discours extrémistes. La lutte contre le terrorisme doit donc s’accompagner d’un effort massif en faveur de l’éducation, de l’emploi et de la justice sociale.

L’heure est venue pour les dirigeants africains de transformer les discours en actes. L’histoire jugera notre capacité à agir collectivement face à cette menace. Le Mali souffre aujourd’hui, mais c’est l’avenir du Sahel qui se joue. L’unité africaine n’est plus une option. Elle est une nécessité stratégique et morale.

Mamadouba CAMARA pour lereveil224.info

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