Guinéens bloqués en Mauritanie : Conakry déclenche une opération de rapatriement d’urgence
Face à la détresse de centaines de ses ressortissants en Mauritanie, la Guinée passe à l’action. Les autorités ont engagé une vaste opération de rapatriement pour venir en aide à environ un millier de Guinéens actuellement en difficulté sur le sol mauritanien, dont une grande partie sont des candidats à l’immigration clandestine ayant échoué dans leur tentative de rejoindre l’Europe.
Bloqués au nord de la Mauritanie, souvent sans ressources et sans documents en règle, ces compatriotes ont lancé un appel pressant aux autorités guinéennes. Leur situation précaire, marquée par l’incertitude et l’absence de moyens de subsistance, a suscité une vive réaction à Conakry.
En déplacement officiel à Nouakchott, le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, est allé à la rencontre de ses compatriotes. Devant des hommes et des femmes visiblement éprouvés, le chef de la diplomatie guinéenne a transmis un message fort des plus hautes autorités du pays.
« Minute par minute, le président lui-même vous suit. Il n’accepte pas que vous souffriez. C’est pourquoi nous sommes là », a-t-il déclaré, assurant que le processus de retour est déjà en préparation. Selon lui, les opérations visent à organiser un rapatriement ordonné et sécurisé vers la Guinée, afin de permettre à ces migrants de retrouver leurs familles dans les meilleurs délais.
Le ministre a tenu à préciser que la situation ne résulte pas d’un différend avec les autorités mauritaniennes. Il a souligné que plusieurs migrants n’étaient pas en règle sur le plan administratif, ce qui a compliqué leur séjour. Il s’agit donc, selon ses mots, de « déblayer le terrain » pour faciliter les démarches nécessaires et assurer une évacuation dans des conditions dignes.
L’appel des migrants a été adressé directement au chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya, qui aurait immédiatement donné instruction d’agir. Cette mobilisation gouvernementale traduit la volonté affichée de ne laisser aucun Guinéen en situation de détresse à l’étranger.
Au-delà de l’urgence humanitaire, cette situation relance le débat sur les risques liés à l’immigration clandestine et sur la nécessité de renforcer les politiques d’information et d’accompagnement des jeunes tentés par l’exil.
En attendant leur retour, ces Guinéens gardent désormais l’espoir de fouler bientôt le sol national, après une aventure migratoire marquée par les désillusions et les épreuves
Mamadouba CAMARA