Le 15 septembre prochain, des milliers d’élèves guinéens reprendront le chemin de l’école. Une rentrée décrétée par le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A) pour lancer la session académique 2025-2026. Mais derrière la date officielle, une question brûle : sommes-nous réellement prêts à donner à nos enfants l’école qu’ils méritent ?
D’un côté, il y a l’enthousiasme légitime : chaque rentrée est un moment d’espoir, un souffle nouveau qui rappelle que l’éducation est le socle de tout progrès. Chaque enfant qui s’assoit sur un banc d’école porte la promesse d’une Guinée plus forte, plus éclairée, plus souveraine.
De l’autre, il y a une réalité crue : des parents étranglés par le prix des fournitures, des écoles délabrées, des classes surchargées, des enseignants découragés. Peut-on honnêtement parler d’égalité des chances quand tant de familles doivent choisir entre nourrir leurs enfants ou payer leurs cahiers ?
Cet éditorial n’est pas une critique gratuite. Il est un cri. Car la vérité est simple : si nous continuons à traiter l’éducation comme une formalité administrative, nous condamnons notre avenir collectif. Une nation qui néglige ses écoles sème l’ignorance et récolte l’instabilité.
Le 15 septembre doit donc être plus qu’une rentrée scolaire. Il doit être un point de rupture, un signal fort. Les autorités doivent comprendre que fixer une date ne suffit pas. Ce qui compte, ce sont les conditions réelles d’apprentissage, le soutien concret aux familles, la valorisation des enseignants, la modernisation des infrastructures.
Et nous, parents, avons aussi notre responsabilité. L’éducation n’est pas qu’une affaire d’État ; c’est une bataille familiale et communautaire. Motiver nos enfants, les accompagner, leur rappeler que chaque leçon apprise est une arme contre la pauvreté et la dépendance : voilà le devoir que nous ne devons jamais abandonner.
L’école est le seul héritage qui ne se perd pas. Elle est l’arme pacifique qui construit les nations. Elle est la ligne de démarcation entre l’avenir et la faillite collective.
Alors, oui, le 15 septembre, les élèves guinéens reprendront la route de l’école. Mais que cette rentrée ne soit pas une simple routine. Qu’elle soit le début d’un engagement national, d’un pacte de responsabilité. Car sauver l’école, c’est sauver la Guinée.
Mamadouba CAMARA