Matam a été le théâtre d’une opération policière d’envergure qui remet au premier plan la question du trafic de stupéfiants en Guinée. Ce lundi 8 décembre 2025, les services de la police nationale ont réalisé une saisie aussi impressionnante qu’inquiétante. Le service d’enquête du commissariat central, en collaboration avec la brigade d’information de la voie publique, a intercepté une cargaison de 514 kg de chanvre indien, soigneusement dissimulée dans une fourgonnette stationnée près du port de Bonfi.
Selon les explications du capitaine Ramatoulaye Baldé, responsable de la communication de la police, il ne s’agit pas d’une opération improvisée, mais d’une intervention menée sur la base d’informations croisées et d’un suivi minutieux. Les enquêteurs ont réussi à identifier le véhicule suspect, une fourgonnette blanche qui semblait en apparence banale mais qui servait en réalité de couverture à un trafic bien organisé.
Le propriétaire du véhicule, un homme du nom d’Issa Camara, a été interpellé. Lors de son audition, il aurait déclaré que le colis incriminé appartenait à une femme se faisant appeler Agnès, de nationalité étrangère. Elle lui aurait confié une mission apparemment innocente : transporter du manioc. Mais ce récit s’est rapidement effondré lorsque l’apprenti chauffeur, intrigué par le contenu des sacs, a identifié la présence de stupéfiants. Prévenu, Issa Camara aurait immédiatement demandé à la dame de récupérer son colis. Celle-ci aurait alors promis de revenir avec un autre moyen de transport, avant de disparaître sans laisser de traces.
La police prend très au sérieux cette fuite, d’autant que dame Agnès est désormais considérée comme la principale suspecte dans cette affaire de trafic de drogue à grande échelle. Le capitaine Ramatoulaye Baldé a insisté sur le fait que les services de sécurité poursuivent activement les investigations pour retrouver cette femme, dont le rôle pourrait révéler l’existence d’un réseau bien plus vaste opérant dans la capitale.
Issa Camara, pour sa part, a été placé en détention et devrait être transféré devant le tribunal de première instance de Mafanco. Il risque des poursuites pour détention et transport de substances psychotropes, conformément aux dispositions de l’article 812 et suivants du code pénal guinéen. Même s’il clame son innocence, la loi reste sévère face à ce type d’infraction, notamment dans un contexte où le trafic de drogue ne cesse de menacer la sécurité publique.
Au-delà de cette arrestation, les autorités policières rappellent que la lutte contre les stupéfiants n’est pas seulement une affaire de forces de l’ordre mais aussi de vigilance citoyenne. La capitaine Baldé a lancé un appel ferme aux habitants des différents quartiers : signaler les comportements suspects, coopérer avec les enquêtes, et contribuer à assainir les communautés.
Cette importante saisie réalisée à Matam démontre la capacité des services de sécurité à frapper fort lorsque les informations circulent bien et que la collaboration fonctionne. Mais elle met également en lumière les défis à relever face à des trafiquants de plus en plus ingénieux et mobiles. Le dossier désormais entre les mains de la justice pourrait révéler dans les prochains jours de nouveaux éléments sur ce réseau dont les ramifications restent à clarifier.
Mamadouba CAMARA