L’ancien président de la délégation spéciale de Matam, Aliou Badra Cheick Koné, a quitté la maison centrale de Conakry ce jeudi 11 juin 2026, après environ un mois et demi de détention préventive. Une remise en liberté qui intervient dans un dossier judiciaire aux lourdes accusations et qui continue de faire grand bruit dans l’opinion publique.
Candidat à sa propre succession à la mairie de Matam, Badra Koné a été libéré en même temps que ses coprévenus, conformément à une ordonnance rendue par la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Cette décision accorde une mise en liberté provisoire sous caution, avec un délai d’un mois pour s’acquitter du montant exigé.
Cette mesure concerne l’ensemble des personnes impliquées dans cette affaire, dont dix autres individus ainsi que trois entreprises privées. Tous sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écriture publique, escroquerie, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, prise illégale d’intérêt et complicité.
Au cœur du dossier, un présumé détournement évalué à 240 milliards de francs guinéens, un montant qui alimente de nombreuses interrogations sur la gestion des fonds publics au sein de la commune de Matam.
Ouvert le 29 avril dernier devant la CRIEF, le procès n’avait pas encore véritablement abordé le fond du dossier. Les débats avaient surtout été marqués par des exceptions soulevées par les avocats de la défense, qui ont contesté la procédure et demandé un renvoi pour complément d’enquête.
Face à la complexité du dossier, la Cour avait finalement accepté de renvoyer la procédure au ministère public, afin de permettre à la chambre de l’instruction de poursuivre les investigations.
En attendant les conclusions de cette phase d’enquête, Badra Koné et ses coaccusés regagnent leurs domiciles, mais restent sous le coup de la procédure judiciaire. Une affaire qui pourrait encore réserver plusieurs rebondissements dans les semaines à venir.
Mamadouba CAMARA