Guinée : plus de 5 millions de dollars pour sauver les écosystèmes du Mont Nimba et de Ziama

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À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement célébrée le 5 juin, le gouvernement guinéen a franchi une nouvelle étape dans sa politique de préservation des ressources naturelles. Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), en partenariat avec l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), a officiellement lancé à Nzérékoré le projet de « Renforcement de la restauration et de la conservation des réserves de biosphère : Mont Nimba (et corridor écologique de Bossou) et le massif de Ziama en Guinée ».

La cérémonie, présidée par la ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Djami Diallo, a réuni autorités administratives, partenaires techniques et financiers, représentants des collectivités locales, chercheurs, organisations de la société civile et acteurs engagés dans la protection de la biodiversité en région forestière.

Financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et mis en œuvre par l’UICN en collaboration avec le MEDD, ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme intégré des forêts guinéennes d’Afrique de l’Ouest. Son ambition est de restaurer la connectivité écologique, renforcer la conservation de la biodiversité et améliorer durablement les conditions de vie des communautés locales dans les paysages du Mont Nimba et de Ziama.

Selon les objectifs fixés, l’initiative permettra notamment la restauration de 7 000 hectares de terres dégradées, l’amélioration de la gestion durable de 115 000 hectares de paysages forestiers et la réduction d’environ 1,5 million de tonnes d’émissions de CO₂.

Dans son discours de bienvenue, le gouverneur de la région administrative de Nzérékoré, le colonel Moussa Condé, a salué le choix porté sur la région forestière pour accueillir cet événement d’envergure. Rappelant l’importance écologique des Monts Nimba, de la forêt de Bossou et du parc national de Ziama, il a insisté sur la nécessité de préserver ces espaces face aux menaces liées à la dégradation des écosystèmes et au changement climatique.

« Ce double choix nous honore », a-t-il déclaré en référence à la célébration de la Journée mondiale de l’environnement à Nzérékoré. Le gouverneur a également réaffirmé l’engagement des autorités régionales et des collectivités locales à accompagner la mise en œuvre du projet afin d’assurer sa réussite et sa pérennité.

Prenant la parole au nom de l’UICN, le coordonnateur régional pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, Jacques SOMDA, a souligné la portée symbolique de cette célébration dans une région qui abrite certains des écosystèmes les plus riches du continent africain. Il a rappelé que les paysages du Mont Nimba et de Ziama jouent un rôle majeur dans la conservation de la biodiversité, la sécurité hydrique, la sécurité alimentaire et la lutte contre le changement climatique.

“Nous savons également que ces paysages sont confrontés à des défis importants, tels que la déforestation, la fragmentation des habitats, les pressions liées à l’exploitation de ces ressources, les effets du changement climatique et les besoins croissants en matière de développement économique. Et face à ces défis, nous avons une responsabilité commune, celle d’agir ensemble pour préserver ce capital naturel en créant les opportunités de développement durable pour les populations. Et c’est précisément l’ambition du projet que nous souhaitons que vous lanciez aujourd’hui.

Grâce au soutien du Fonds pour l’environnement mondial et sous le leadership du ministère de l’Environnement, et du développement durable, ce projet permettra de renforcer la restauration des paysages dégradés, d’améliorer la connectivité écologique, de soutenir les moyens de subsistance durable et de consolider la gouvernance environnementale dans les paysages du Mont Nimba et du Ziama. Et pour l’UICN, ce projet représente un investissement dans la résilience des territoires, dans la préservation de la biodiversité mondiale, dans l’avenir des communautés qui dépendent de ces écosystèmes”, a soutenu Jacques SOMDA.

Le responsable de l’UICN a également insisté sur l’importance du dialogue multi-acteurs organisé en marge du lancement, estimant que la préservation durable de ces espaces exige l’implication des administrations, des collectivités, des communautés, du secteur privé ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Présidant la cérémonie, la ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Djami Diallo, a officiellement lancé le projet qu’elle considère comme une nouvelle étape dans la stratégie nationale de conservation des ressources naturelles.

« Doté d’un budget de plus de 5 millions de dollars, ce projet sera mis en œuvre sur une période de cinq ans jusqu’au 30 novembre 2030 », a-t-elle annoncé.

La ministre a précisé que l’initiative vise à restaurer et préserver l’un des corridors écologiques les plus précieux du pays, reconnu pour son exceptionnelle richesse biologique. Elle a rappelé que ce projet s’inscrit dans la vision du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, ainsi que dans les ambitions du programme Simandou 2040 qui place le développement durable au cœur de la transformation économique de la Guinée.

Pour Djami Diallo, la protection de l’environnement et le développement économique doivent avancer ensemble. « Il ne peut y avoir de prospérité durable sans préservation du capital naturel », a-t-elle affirmé, tout en soulignant que la réussite du projet dépendra de l’implication effective des communautés riveraines, des autorités locales, des services techniques et de l’ensemble des partenaires.

Elle a par ailleurs salué les efforts du Centre de gestion de l’environnement des Monts Nimba et Simandou (CEGENS), du Centre forestier de Ziama et de l’Office guinéen des parcs nationaux et réserves de faune pour leur contribution à la mobilisation des ressources nécessaires à la concrétisation de cette initiative.

Au-delà de son lancement officiel, la rencontre a également servi de cadre à un dialogue multi-acteurs consacré aux enjeux environnementaux du Mont Nimba et de Ziama, aux initiatives déjà engagées sur le terrain ainsi qu’aux défis liés à la gouvernance environnementale. L’objectif affiché est de renforcer la concertation et l’engagement collectif autour de la préservation de ces paysages stratégiques pour la Guinée et l’Afrique de l’Ouest.

La cérémonie s’est achevée par la déclaration officielle de lancement du projet par la ministre Djami Diallo, suivie d’une opération symbolique de mise en terre de plants dans le cadre des activités de reboisement, sous les applaudissements des participants venus réaffirmer leur engagement en faveur de la conservation du patrimoine naturel guinéen pour les générations présentes et futures.

Mamadouba CAMARA

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