États-Unis : Donald Trump défend son “âge d’or” face à un pays encore sceptique
Treize mois après son retour à la présidence américaine, Donald Trump s’est livré à un exercice politique majeur en prononçant, mardi 24 février, son second discours sur l’état de l’Union devant le Congrès. Dans un contexte marqué par des inquiétudes économiques et à l’approche des élections de mi-mandat, le chef de l’État républicain a tenté de convaincre les Américains que la promesse d’un « âge d’or » pour les États-Unis est déjà en marche.
La soirée s’est déroulée au Capitole, sous le regard attentif de l’élite politique et judiciaire américaine. Le président a fait une entrée solennelle dans l’hémicycle de la Chambre des représentants, entouré de ses proches et de plusieurs personnalités, dont la Première dame Melania Trump. La mise en scène, fidèle au style du locataire de la Maison-Blanche, visait à afficher unité et détermination.
Avant même d’aborder les grandes orientations de son mandat, Donald Trump a multiplié les gestes symboliques. Il a salué l’équipe masculine américaine de hockey sur glace, récemment sacrée championne olympique, déclenchant une salve d’applaudissements dans l’assemblée. Le président a également rendu hommage à Erika Kirk, veuve de Charlie Kirk, influenceur pro-Trump assassiné en septembre dernier et présenté par la droite conservatrice comme une figure de sacrifice politique.
Dans son discours, Donald Trump a insisté sur les résultats qu’il attribue à sa politique économique et sécuritaire, évoquant notamment la relance industrielle, le contrôle de l’immigration et la défense des intérêts américains sur la scène internationale. « L’Amérique est de retour et plus forte que jamais », a-t-il martelé, réaffirmant sa vision d’un pays prospère et souverain.
Cependant, la tâche s’annonce délicate pour le président, confronté à un scepticisme persistant au sein de l’opinion publique. Un sondage publié par YouGov et MarketWatch révèle que 47 % des Américains estiment que leur pouvoir d’achat s’est détérioré depuis janvier 2025, date du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Ce chiffre illustre le fossé entre le discours présidentiel et la perception d’une partie de la population.
Face à lui, les institutions américaines demeurent vigilantes. Les neuf juges de la Cour suprême des États-Unis, installés au premier rang lors de l’allocution, symbolisaient l’équilibre des pouvoirs dans un climat politique souvent marqué par les tensions entre l’exécutif et le judiciaire. Plusieurs de ces magistrats ont d’ailleurs été la cible de critiques virulentes du président par le passé.
À quelques mois des élections de mi-mandat, ce discours revêt donc une dimension stratégique majeure. Pour Donald Trump, il s’agit non seulement de défendre son bilan, mais aussi de mobiliser son électorat et de rassurer les indécis. Les résultats du scrutin pourraient déterminer la capacité du président à poursuivre son agenda politique sans entrave au Congrès.
Au-delà des clivages partisans, ce discours confirme que la politique américaine reste profondément polarisée. Entre promesses de prospérité et préoccupations économiques, le débat sur la réalité de « l’âge d’or » annoncé par Donald Trump continuera d’animer la scène politique américaine dans les mois à venir.
Mamadouba CAMARA – Rédacteur en Chef