39ème sommet de l’Union africaine : Addis-Abeba au cœur des grandes urgences du continent
Le 39e sommet de l’Union africaine s’est ouvert ce samedi 14 février à Addis-Abeba, en Éthiopie, dans un contexte continental marqué par des crises sécuritaires et politiques majeures. Pendant deux jours, les dirigeants africains vont tenter d’apporter des réponses concertées aux conflits qui secouent plusieurs régions du continent.
Au siège de l’Union africaine, dans le grand amphithéâtre Nelson Mandela, la cérémonie d’ouverture a laissé place aux travaux à huis clos. Sur la cinquantaine de pays représentés, seule une moitié est conduite par des chefs d’État en personne. Les autres délégations sont menées par des Premiers ministres ou des représentants officiels, signe d’un sommet à la fois stratégique et prudent.
Parmi les présences remarquées figurent le président guinéen, le général Mamadi Doumbouya, et le président gabonais, le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Tous deux participent à leur premier sommet de l’UA en tant que chefs d’État élus après des transitions militaires. Leur retour au sein des instances continentales, malgré des contestations internes, marque une étape importante dans la normalisation de leurs relations avec l’organisation panafricaine.
Autre présence notable, celle du président de la RDC, Félix Tshisekedi, alors que les combats persistants dans l’est de son pays figurent parmi les dossiers les plus sensibles à l’ordre du jour. La situation sécuritaire dans cette région reste une source d’inquiétude majeure pour l’ensemble du continent.
Les discussions portent également sur la guerre civile au Soudan, la reprise des violences au Soudan du Sud ainsi que la menace terroriste qui continue de frapper plusieurs États africains. Face à ces défis multiples, l’Union africaine est attendue sur sa capacité à proposer des mécanismes efficaces de médiation, de stabilisation et de coopération sécuritaire.
Certaines absences n’ont pas manqué d’être remarquées, notamment celles des présidents Mahamat Idriss Déby Itno, Denis Sassou-N’Guesso et Paul Kagame, dans un contexte où chaque présence ou absence revêt une forte portée diplomatique.
Ce 39e sommet s’annonce ainsi comme un moment décisif. Plus qu’un simple rendez-vous institutionnel, il constitue un test pour la solidarité africaine et la capacité des dirigeants du continent à parler d’une seule voix face aux crises qui menacent sa stabilité et son développement.
Par Mamadouba CAMARA – Rédac’Chef