Ramadan–Carême 2026 : l’État et le secteur privé s’accordent sur les prix des produits de base

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À quelques heures du début du mois saint de Ramadan, l’État guinéen et les acteurs économiques affichent un front uni pour préserver le pouvoir d’achat des ménages. Un protocole d’accord stratégique vient d’être signé entre la Direction Générale des Douanes, la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée et la Direction Nationale du Commerce Intérieur et de la Concurrence. Objectif : garantir l’approvisionnement régulier du marché national et encadrer les prix des denrées de première nécessité pendant la période sensible allant du 17 février au 30 juin 2026, couvrant à la fois le Ramadan et le Carême.

Au cœur de cet engagement, un mécanisme concerté de fixation de prix plafonds pour plusieurs produits essentiels : riz, sucre, huile, farine, oignon, lait et poulet. Il s’agit de prévenir toute flambée spéculative, de contenir la volatilité des marchés et de protéger en priorité les foyers à revenus modestes, particulièrement vulnérables en période de forte demande.

Les trois institutions signataires, représentées respectivement par le général de brigade Cheick Gadiri Condé, Mamadou Baldé et Mohamed Traoré, ont clairement défini leurs responsabilités. La Direction nationale du commerce intérieur et de la concurrence aura la charge de fixer et diffuser les prix plafonds sur toute l’étendue du territoire. Elle devra intensifier les contrôles dans les marchés, entrepôts et circuits de distribution, veiller au respect des poids et mesures, suivre l’évolution des stocks, sanctionner les contrevenants et rendre compte régulièrement au gouvernement.

De son côté, la Direction générale des douanes s’engage à accélérer le dédouanement des produits concernés afin d’éviter toute rupture de stock. Elle maintiendra également certaines valeurs mercuriales de référence, notamment 100 dollars la tonne métrique pour le riz, 200 dollars pour le sucre et 600 dollars pour le poulet, durant toute la période d’application du protocole. La DGD devra en outre transmettre les données relatives aux volumes importés et aux valeurs CIF, tout en luttant contre les fausses déclarations et les tentatives de fraude.

Le secteur privé n’est pas en reste. À travers la Chambre de commerce, il devra sensibiliser importateurs, grossistes et détaillants au respect strict des prix convenus. Il lui revient aussi de faciliter la coordination avec l’État, de remonter les informations sur les coûts et difficultés logistiques, et de contribuer activement à la prévention des pratiques anticoncurrentielles.

À l’approche du Ramadan, ce pacte apparaît comme un signal fort. Il traduit la volonté commune de stabiliser le marché, d’assurer la disponibilité des produits essentiels et d’éviter que la ferveur religieuse ne soit ternie par des tensions sur les prix. Reste désormais à garantir une application rigoureuse sur le terrain, seule condition pour que cet engagement se traduise en soulagement concret pour les ménages guinéens.

Mamadouba CAMARA pour lereveil224.info

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