La réforme du système judiciaire guinéen s’impose une nouvelle fois au cœur du débat national. Ce mardi 10 février 2026, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara, a pris part à la séance plénière du Conseil national de la transition (CNT), une première apparition très attendue depuis sa nomination à la tête du département stratégique de la Justice.
À cette occasion solennelle, le président du CNT, Dansa Kourouma, a adressé un message fort au nouveau garde des Sceaux, traduisant à la fois les espoirs, les attentes et les lourdes responsabilités qui pèsent désormais sur ses épaules. Dans son discours d’ouverture, le patron de l’institution législative de la transition a rappelé la vision du chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya, pour qui la justice demeure « la boussole de la transition ».
Pour Dansa Kourouma, la mission confiée à Ibrahima Sory Tounkara est claire : redresser une institution judiciaire longtemps fragilisée et restaurer la confiance entre la justice et les citoyens. Une tâche immense dans un contexte où les Guinéens réclament plus d’équité, de transparence et de célérité dans le traitement des dossiers judiciaires.
Souhaitant officiellement la bienvenue au nouveau ministre, le président du CNT a convoqué une référence universelle en citant Martin Luther King Jr. : « S’il n’y a pas de justice, il n’y aura pas de paix ». Une citation lourde de sens, destinée à rappeler que la justice ne se limite pas à l’application des lois, mais constitue un pilier fondamental de la stabilité sociale et politique.
Poursuivant son intervention, Dansa Kourouma a insisté sur le lien indissociable entre justice et paix durable. « Nous ne faisons pas la justice parce que nous aimons la justice, c’est parce que c’est le prix de la paix », a-t-il affirmé, avant de souligner le rôle central du ministre de la Justice dans la préservation de l’ordre républicain. Selon lui, en prenant les rênes du ministère, Ibrahima Sory Tounkara devient de facto « le premier gardien de la paix » en Guinée, le défenseur de la légalité et de l’égalité entre tous les citoyens.
Conscient de l’ampleur des défis à relever, le président du CNT n’a pas caché les fortes attentes placées en cette nouvelle équipe ministérielle. Il a néanmoins exprimé sa confiance dans les capacités du juge Tounkara à mener les réformes nécessaires, malgré les obstacles. « Les attentes sont énormes », a-t-il reconnu, tout en appelant le nouveau garde des Sceaux à s’appuyer sur la foi, la justice et la loyauté pour réussir sa mission.
Dansa Kourouma a également rassuré le ministre quant au soutien institutionnel dont il bénéficiera. Il a évoqué l’accompagnement du président de la République, l’appui des autres institutions de la République ainsi que l’adhésion du peuple guinéen, indispensables pour réussir la refondation du système judiciaire.
Cette prise de parole marque ainsi un moment clé de la transition, où la justice est appelée à jouer pleinement son rôle de socle de la paix, de la cohésion nationale et de la crédibilité de l’État. Pour Ibrahima Sory Tounkara, l’heure est désormais à l’action, dans un contexte où chaque décision sera scrutée par une population avide de justice et d’équité.
Mamadouba CAMARA pour lereveil224.info