À l’issue d’une cérémonie officielle de passation de service tenue ce vendredi, Mourana Soumah a pris les rênes du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, un département stratégique né de la fusion de trois portefeuilles clés. De retour aux affaires après avoir dirigé le ministère de l’Économie et des Finances dans le premier gouvernement de Bah Oury, le nouveau ministre affiche une ambition claire : poser les bases d’un ministère moderne, structuré et orienté vers la performance, capable de répondre aux défis de la communication, du numérique et de l’innovation en Guinée.
Dès sa prise de fonction, Mourana Soumah a insisté sur l’urgence d’une organisation administrative cohérente et efficace. Pour lui, la réussite de cette nouvelle architecture ministérielle passe d’abord par un travail de fond sur la structuration interne. Il a annoncé que les tout premiers chantiers concerneront la clarification de l’architecture du ministère unifié, la rationalisation des directions et services, ainsi que la définition précise des responsabilités et des circuits de décision. L’objectif, selon ses propos, est de mettre en place une organisation orientée vers les résultats, capable d’optimiser les ressources et de renforcer l’efficacité de l’action publique.
Sur le volet de la communication et des médias, le nouveau ministre a affiché une vision axée sur la professionnalisation et la crédibilité. Il entend consolider un paysage médiatique responsable, fondé sur des règles claires et des standards élevés. Dans cette dynamique, les réformes engagées au sein des médias du service public seront poursuivies et approfondies. Mourana Soumah a notamment mis l’accent sur la modernisation des infrastructures et l’extension de la couverture médiatique sur l’ensemble du territoire national. Il a rappelé les efforts en cours concernant les radios rurales, indiquant qu’une quarantaine de stations sont actuellement en voie d’amélioration en vue d’un basculement progressif vers le numérique.
Conscient du rôle central des médias dans une société en mutation, le ministre a également réaffirmé son attachement à la préservation et au renforcement des acquis existants. Il a cité la Maison de la Presse et le Fonds d’appui au développement des médias, considérés comme des outils essentiels pour accompagner les professionnels du secteur. À ce titre, Mourana Soumah a annoncé que le mécanisme d’abondement du FADEM sera revu afin de faciliter son action et de lui permettre de mieux répondre aux besoins des médias, compte tenu de la sensibilité et de l’importance de sa mission.
Parmi les projets structurants inscrits à l’agenda du nouveau ministère, la migration vers la Télévision numérique terrestre occupe une place de choix. Le ministre a indiqué que l’accord de financement lié à ce vaste projet devrait être soumis très prochainement à la ratification du Conseil national de la Transition. Selon lui, cette étape institutionnelle constitue un passage décisif pour permettre le déploiement effectif de la TNT en Guinée.
Mourana Soumah a précisé que cette ratification ouvrira la voie au lancement concret des activités du projet, avec des retombées attendues tant sur le plan technique que sur celui de la qualité des contenus audiovisuels. Il a également souligné le rôle stratégique de l’Institut national de l’audiovisuel, appelé à devenir une véritable mémoire nationale, chargée de la préservation et de la valorisation du patrimoine audiovisuel guinéen.
À travers ces annonces, le nouveau ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation affiche une volonté affirmée de faire de son département un levier majeur du développement national. Une ambition qui sera scrutée de près par les acteurs des médias, du numérique et par l’opinion publique, dans un contexte marqué par de fortes attentes.
Mamadouba CAMARA – Rédac’Chef