Un violent incendie a semé la panique ce vendredi 6 février 2026 dans le quartier Sangoyah, en plein cœur de la commune de Matoto. Le sinistre, déclaré aux environs de 7 heures du matin, a entièrement ravagé un vaste domaine abritant plusieurs activités artisanales et commerciales, laissant derrière lui un paysage de désolation et des pertes économiques colossales.
Selon les informations recueillies sur place, le feu a consumé des ateliers de tapisserie, de menuiserie et de soudure, mais aussi des salons de coiffure, des bars-cafés et divers commerces. Parmi les structures touchées figurent également des magasins servant au stockage de congélateurs et de pièces détachées d’engins roulants, ce qui accentue l’ampleur des dégâts matériels enregistrés.
D’après plusieurs témoins, l’incendie serait parti d’un feu allumé pour brûler des ordures sèches, notamment des feuilles de manguiers entassées à proximité des ateliers. Ce geste, attribué au fils d’un maître tapissier exerçant sur le site, aurait rapidement dégénéré. Attisé par un vent matinal et la forte présence de matériaux hautement inflammables, le feu s’est propagé à une vitesse fulgurante, échappant à tout contrôle.
Souleymane Camara, gérant d’un bar-café installé dans le périmètre sinistré, raconte avec émotion les circonstances du drame. Il explique avoir été alerté très tôt dans la matinée. À son arrivée, les flammes avaient déjà gagné plusieurs installations. Selon lui, des clients présents au moment des faits auraient demandé au jeune auteur du feu d’éteindre les flammes naissantes, sans succès. Ce dernier aurait ensuite pris la fuite en direction du camp militaire voisin, laissant le feu se propager librement.
Sur le terrain, les conséquences sont dramatiques pour les victimes. Des années d’efforts et d’investissements ont été réduites en cendres en quelques heures. Les pertes financières sont estimées à plusieurs centaines de millions de francs guinéens. Des menuisiers et tapissiers ont vu disparaître leurs équipements de travail, leurs matières premières et des commandes prêtes à être livrées à des clients. Pour certains commerçants, c’est tout leur capital qui est parti en fumée.
« Des portes et des matériels évalués à plusieurs centaines de millions de francs guinéens ont été détruits. Personnellement, j’ai perdu un vestimentaire de plusieurs dizaines de millions. D’autres collègues avaient des commandes importantes en attente, sans compter les commerçants qui ont tout perdu », a déploré Souleymane Camara, visiblement abattu.
Au-delà des pertes matérielles, cet incendie pose une fois de plus la question de la gestion des déchets, de la sécurité dans les zones artisanales et de la prévention des risques d’incendie dans la capitale guinéenne. À Sangoyah, comme dans plusieurs quartiers de Conakry, les ateliers et commerces sont souvent installés les uns à côté des autres, sans véritables mesures de sécurité ni équipements anti-incendie adéquats.
En attendant d’éventuelles enquêtes et responsabilités, les victimes lancent un appel pressant aux autorités et aux personnes de bonne volonté pour leur venir en aide. Beaucoup se retrouvent aujourd’hui sans moyens de subsistance, dans un contexte économique déjà difficile. L’incendie de Sangoyah restera longtemps gravé dans les mémoires comme l’un des sinistres les plus dévastateurs enregistrés récemment dans la commune de Matoto.
Mamadouba CAMARA pour lereveil224.info