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À peine investi Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya semble déjà imprimer un nouveau rythme à la gouvernance du pays. Dans les coulisses du pouvoir, des signaux forts laissent entrevoir une possible démission du gouvernement dirigé par le Premier ministre Amadou Oury Bah. Une étape politique qui, sans être une obligation constitutionnelle, s’inscrit dans une pratique désormais bien ancrée dans la vie institutionnelle guinéenne.
Selon des sources concordantes, une note officielle, signée par le ministre secrétaire général du gouvernement, Benoît Kamano, a été adressée aux membres de l’équipe gouvernementale. Ce document leur demande de préparer les dossiers nécessaires à la passation de service, un acte administratif généralement associé à un départ imminent ou à un remaniement en profondeur. Si aucun délai précis n’a été mentionné, l’instruction n’en demeure pas moins révélatrice d’un changement attendu.
Les mêmes sources indiquent que cette orientation n’est pas nouvelle. Lors du dernier Conseil interministériel tenu la semaine précédente, le Premier ministre Amadou Oury Bah aurait déjà demandé à ses ministres d’anticiper cette éventualité. Une consigne qui, aujourd’hui, prend une résonance particulière au lendemain de l’investiture présidentielle, moment clé dans la vie politique d’un pays.
Sur le plan juridique, il convient de rappeler que la Constitution guinéenne n’impose nullement la démission du gouvernement après l’élection du président de la République. Le texte fondamental prévoit une continuité de l’État et des institutions, indépendamment des échéances électorales. Toutefois, dans la pratique politique, aussi bien en Guinée que dans de nombreux pays africains et ailleurs, la démission du gouvernement après une investiture présidentielle est devenue une sorte de tradition non écrite.
Cette pratique répond à une logique politique claire. Elle permet au chef de l’État fraîchement investi de réaffirmer son orientation stratégique, de redéfinir ss priorités et, surtout, de s’entourer d’une équipe gouvernementale totalement en phase avec sa vision. Dans un contexte de transition et de refondation institutionnelle, comme celui que traverse la Guinée, cette cohérence entre le Président et son gouvernement est souvent perçue comme un gage d’efficacité et de stabilité.
Pour le gouvernement Amadou Oury Bah, cette éventuelle démission ne serait donc pas nécessairement un désaveu, mais plutôt une étape normale dans le cycle politique. Elle ouvrirait la voie à la formation d’une nouvelle équipe, susceptible d’incarner le nouveau cap que le Président Mamadi Doumbouya entend donner au pays après son investiture.
En attendant une annonce officielle, le climat politique reste marqué par l’attente et les spéculations. Les observateurs scrutent attentivement les prochains mouvements au sommet de l’État, conscients que les décisions à venir pourraient redessiner l’architecture du pouvoir exécutif. Une chose est certaine : l’après-investiture s’annonce comme un moment déterminant pour la Guinée, entre continuité institutionnelle et renouveau politique.
Mamadouba CAMARA – Rédac’Chef – lereveil224.info