Tragédie en mer Égée : le corps d’une fillette soudanaise de 7 ans retrouvé sur une plage grecque
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La mer Égée a encore frappé. Ce qui n’était au départ qu’une disparition signalée dans l’angoisse est devenu, quelques jours plus tard, un drame insoutenable. Le corps sans vie d’une fillette de sept ans, de nationalité soudanaise, a été retrouvé sur une plage de l’île de Samos, en Grèce, selon un communiqué officiel des gardes-côtes grecs publié le 9 janvier. Une nouvelle tragédie qui rappelle, une fois de plus, le lourd tribut humain payé par les migrants sur les routes maritimes de l’exil.
D’après les autorités grecques, le corps de l’enfant a été transféré à l’hôpital général de Samos afin de subir une autopsie destinée à déterminer les causes exactes du décès. La fillette a pu être formellement identifiée par sa mère, uniquement grâce aux vêtements qu’elle portait. Un détail glaçant, qui en dit long sur la violence silencieuse de ces traversées.
Selon les informations communiquées par les gardes-côtes, la mère avait signalé la disparition de sa fille dès le 25 décembre. Elle avait expliqué que l’enfant était tombée à la mer près de Farmakonisi, une petite île grecque située à environ 40 kilomètres au sud de Samos, alors qu’un groupe de migrants tentait de traverser la mer Égée depuis la Turquie continentale. La zone est pourtant à moins de dix kilomètres des côtes turques, mais elle reste l’une des plus dangereuses pour les embarcations de fortune utilisées par les migrants.
Ce drame n’est malheureusement pas un cas isolé. Les eaux grecques sont devenues, au fil des années, un cimetière marin pour des milliers de personnes fuyant la guerre, la pauvreté ou les persécutions. À Samos même, les gardes-côtes grecs avaient déjà repêché, le lundi 29 décembre, le corps d’une femme de 22 ans lors d’une opération de recherche et de sauvetage menée au nord de l’île.
Plus au sud, au large de la Crète, la situation est tout aussi alarmante. Le samedi 6 décembre, dix-sept migrants, tous des hommes, ont été retrouvés morts après le naufrage de leur embarcation. En novembre, au moins trois personnes avaient déjà perdu la vie dans un autre naufrage de canot au sud de cette même île. Et en octobre, deux corps de femmes avaient été découverts sur une côte rocheuse de l’île de Chios, après l’échouement d’une embarcation de fortune transportant vingt-neuf migrants.
Ces chiffres, bien que glaçants, ne racontent qu’une partie de l’histoire. Derrière chaque corps repêché, il y a des familles brisées, des rêves anéantis et des enfants qui n’atteindront jamais la terre promise. Le cas de cette fillette soudanaise symbolise la vulnérabilité extrême des enfants migrants, souvent embarqués dans des traversées périlleuses sans aucune protection.
Alors que les naufrages se multiplient, de nombreuses organisations humanitaires dénoncent l’inaction et l’insuffisance des dispositifs de protection des migrants en Méditerranée orientale. La mer Égée, autrefois symbole de passage et d’échanges, est devenue un théâtre régulier de tragédies humaines.
Pour la mère de cette fillette, comme pour tant d’autres, la traversée devait être un espoir. Elle s’est transformée en cauchemar. Et tant que les causes profondes de ces migrations ne seront pas traitées, la mer continuera de rendre, sur ses plages, des vies fauchées trop tôt.
Mamadouba CAMARA pour lereveil224.info