Enseignement supérieur : la Guinée mise sur le savoir pour bâtir son avenir

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La Guinée franchit une nouvelle étape majeure dans la modernisation de son système d’enseignement supérieur. Ce lundi 12 janvier 2026, l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry a inauguré d’importantes infrastructures académiques, administratives et scientifiques, marquant une avancée significative dans la politique nationale d’investissement dans le capital humain. Parmi ces réalisations figurent l’Institut Ouest-Africain de Mathématiques et l’Institut Supérieur d’Architecture et d’Urbanisme, deux structures appelées à jouer un rôle stratégique dans le développement du pays.

La cérémonie d’inauguration, empreinte de solennité et d’espoir, s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement, de responsables universitaires, d’enseignants-chercheurs et d’étudiants. Elle symbolise une volonté politique clairement affirmée de repositionner l’université guinéenne comme un levier central de transformation économique et sociale.renant la parole, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Alpha Bacar Barry, a réaffirmé avec force la priorité accordée à l’éducation. Pour lui, le développement durable de la Guinée passe inévitablement par un investissement massif et continu dans le savoir. « La meilleure façon de développer durablement notre pays, c’est d’investir dans l’éducation. Et nous allons investir, investir et encore investir », a-t-il martelé, sous les applaudissements de l’assistance.

Le ministre n’a pas éludé les faiblesses structurelles qui ont longtemps freiné l’enseignement supérieur, notamment dans le domaine des mathématiques. Il a rappelé qu’à une certaine période, la Guinée comptait moins de cinq enseignants de rang A en mathématiques dans l’ensemble de ses institutions, une situation qu’il a qualifiée sans détour de catastrophique. C’est pour répondre à cette urgence que l’Institut Ouest-Africain de Mathématiques a vu le jour.

Selon Alpha Bacar Barry, l’IOAM a une mission qui dépasse la simple formation universitaire classique. Il se veut également un centre de formation continue destiné aux enseignants du secondaire, afin de renforcer les bases dès le collège et le lycée. « C’est au collège et au lycée que l’on prépare l’université », a-t-il rappelé, soulignant l’importance de créer une chaîne éducative cohérente et efficace.

Au-delà de l’éducation, l’enjeu est aussi économique. Former localement des compétences de haut niveau permettra, selon le ministre, de réduire la dépendance à l’expertise étrangère dans des secteurs clés comme les mines, l’énergie, la santé ou encore les infrastructures. Produire du savoir en Guinée, c’est aussi positionner le pays comme un pôle scientifique crédible au niveau régional.

Le directeur général de l’Institut Ouest-Africain de Mathématiques, Dr Karamoko Sita Diallo, a présenté l’IOAM comme bien plus qu’un simple établissement. Pour lui, il s’agit d’une vision et d’une réponse concrète aux défis scientifiques de la Guinée et de l’Afrique de l’Ouest. L’institut ambitionne de former des étudiants en licence, master et doctorat, tout en développant une recherche appliquée aux réalités sociales, économiques et environnementales de la sous-région.

De son côté, le recteur de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, le Pr Alpha Kabinet Keïta, a salué l’engagement des autorités en faveur d’une université moderne, performante et ouverte sur son environnement. Il a souligné que ces nouvelles infrastructures amélioreront durablement les conditions d’apprentissage des étudiants et offriront aux enseignants-chercheurs un cadre propice à l’excellence académique.

À travers ces réalisations, la Guinée affiche clairement son ambition : faire du savoir un moteur de souveraineté, de progrès et de rayonnement régional.

Mamadouba CAMARA pour lereveil224.info

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