Bénin : un double scrutin décisif ouvre une année électorale sous haute tension

0

Écoutez la version audio de cet article.

Les électeurs béninois sont appelés aux urnes ce dimanche 11 janvier pour un double rendez-vous électoral majeur, combinant élections législatives et locales. Ce scrutin intervient dans un contexte politique sensible, un peu plus d’un mois après la tentative de coup d’État qui a ébranlé Cotonou, et marque le véritable coup d’envoi d’une année électorale déterminante pour l’avenir du pays.

Après deux semaines de campagne intense, les partis politiques en lice ont bouclé, ce vendredi 9 janvier, leurs derniers meetings et opérations de mobilisation. L’enjeu est de taille. Les Béninois devront élire 109 députés qui siégeront à l’Assemblée nationale, trois ans après les législatives de janvier 2023. Ce calendrier électoral particulier résulte d’une réforme visant à regrouper l’ensemble des élections sur une même année, afin de rationaliser le processus démocratique.

Une autre innovation majeure marque ce scrutin législatif. À la suite de la révision constitutionnelle adoptée en novembre dernier, le mandat des députés passe désormais de cinq à sept ans. Par ailleurs, la question de la représentation féminine est renforcée, avec 24 sièges réservés aux femmes, soit un siège par circonscription électorale, une mesure saluée par plusieurs observateurs comme une avancée en matière d’inclusion politique.

En parallèle des législatives, les électeurs sont également appelés à désigner leurs conseillers communaux, chargés de la gestion des collectivités locales. Ces élections locales revêtent une importance particulière, car elles conditionnent directement la gouvernance de proximité et le développement des communes.

Sur le plan politique, cinq partis se disputent les sièges de l’Assemblée nationale. Trois formations soutiennent la mouvance présidentielle : l’Union progressiste le Renouveau (UPR), le Bloc républicain (BR) et Moele Bénin. Face à eux, l’opposition est représentée par Les Démocrates, principal parti d’opposition dirigé par l’ancien président Thomas Boni Yayi, ainsi que par les Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), considérées comme une opposition dite modérée.

La configuration est toutefois différente pour les élections locales. Seules trois formations sont en lice : l’UPR, le BR et les FCBE. Les Démocrates sont absents de ce scrutin, leurs listes ayant été jugées irrecevables par la Commission électorale nationale autonome (Céna). Cette exclusion a alimenté de vives controverses et ravivé les débats sur l’inclusivité du processus électoral.

Ce double scrutin de janvier constitue également un prélude à l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2026. Là encore, le paysage politique apparaît fortement réduit. Seuls deux duos de candidats sont officiellement en course pour la magistrature suprême. La mouvance présidentielle sera représentée par le ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, associé à l’actuelle vice-présidente Mariam Chabi Talata. Du côté des FCBE, le tandem est composé de Paul Hounkpè et Judicaël Hounwanou.

Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, ne participera pas à la présidentielle, à la suite du retrait du parrainage d’un de ses élus, entraînant leur disqualification. Une situation qui alimente les interrogations sur l’équilibre politique et la compétitivité du scrutin à venir.

Dans un climat marqué par des tensions politiques récentes, ces élections sont scrutées de près, tant par les acteurs nationaux que par la communauté internationale. Les résultats du 11 janvier donneront le ton d’une année électorale cruciale pour la stabilité démocratique du Bénin.

Mamadouba CAMARA

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.