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Claude Pivi, ancien haut responsable militaire condamné pour crimes contre l’humanité liés au massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, est mort en détention ce lundi, a annoncé le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry. Ce décès intervient alors que l’ancien militaire purgeait sa peine de réclusion criminelle à perpétuité à la maison centrale de Coyah.
Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par le Tribunal de première instance de Dixinn le 31 juillet 2024, avec une période de sûreté de vingt-cinq ans, Claude Pivi avait été initialement évadé avant d’être de nouveau interpellé et écroué à la maison centrale de Coyah depuis le 19 septembre 2024. Selon le communiqué du Parquet général, son état de santé était régulièrement suivi, le détenu souffrant notamment de diabète chronique, d’hypertension artérielle et d’une affection articulaire (goutte).
Malgré ce suivi, la non-observance de son traitement médical aurait entraîné une dégradation rapide de sa santé. Le 4 janvier 2026, Claude Pivi a été victime d’une hypoglycémie sévère, nécessitant son évacuation d’urgence à l’Hôpital militaire du Camp Almamy Samory Touré, où il a été pris en charge en soins intensifs. Deux jours plus tard, il est décédé dans un état de coma hypoglycémique, selon le médecin traitant.
Face à ce décès survenu en détention, le Parquet général a immédiatement engagé une procédure judiciaire pour clarifier les circonstances de la mort. Une autopsie médico-légale a été ordonnée, et ses résultats feront l’objet d’un communiqué ultérieur afin de garantir la transparence et la manifestation de la vérité.
Cette annonce relance le débat sur la prise en charge des détenus souffrant de pathologies chroniques et sur la sécurité sanitaire dans les établissements pénitentiaires guinéens. Les autorités judiciaires assurent toutefois que toutes les mesures nécessaires sont prises pour que la lumière soit faite sur cet événement.
Le nom de Claude Pivi restera étroitement associé à l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire récente de la Guinée, le massacre du 28 septembre 2009, et son décès en détention marque un tournant dans le traitement judiciaire des responsables militaires de cette période.
Mamadouba CAMARA