Présidentielle 2025 en Guinée : le FRONDEG saisit la Cour suprême et conteste les résultats provisoires

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Après plusieurs heures de tension et des obstacles initiaux, le Front démocratique de Guinée (FRONDEG) a officiellement franchi le pas. Ce vendredi 2 janvier 2026, les avocats du parti ont pu déposer un recours auprès de la Cour suprême, contestant les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Une démarche qui place désormais la haute juridiction au centre de toutes les attentions.

Arrivé en deuxième position du scrutin, le candidat du FRONDEG, Abdoulaye Yero Baldé, refuse de s’aligner sur les résultats proclamés par la Direction générale des élections (DGE), qui donnent le candidat du GMD, Mamadi Doumbouya, largement vainqueur. Contrairement à plusieurs autres candidats malheureux qui ont déjà reconnu la victoire de ce dernier, le FRONDEG estime que le processus électoral a été entaché « d’anomalies » méritant un examen approfondi.

Conformément à la Constitution et aux textes en vigueur, les huit candidats engagés dans la course à la magistrature suprême disposaient d’un délai légal expirant ce vendredi à minuit pour saisir la Cour suprême. Le recours du FRONDEG intervient donc dans les temps, même si, selon des sources proches du parti, son dépôt n’a pas été un long fleuve tranquille. Des difficultés administratives et procédurales auraient retardé la formalisation de la requête, avant qu’elle ne soit finalement enregistrée.

Pour le FRONDEG, cette saisine n’est pas un simple acte symbolique. Le parti entend faire toute la lumière sur ce qu’il considère comme des irrégularités survenues à différentes étapes du processus électoral, notamment lors du dépouillement et de la centralisation des résultats. Sans entrer dans le détail des griefs, les responsables du parti affirment disposer d’éléments suffisamment sérieux pour justifier l’intervention de la Cour suprême.

Désormais, la balle est dans le camp de la plus haute juridiction du pays. Selon la loi, la Cour suprême dispose d’un délai maximal de huit jours pour examiner les recours et statuer sur le contentieux électoral. Un compte à rebours s’est donc enclenché, dans un contexte politique encore marqué par les débats autour de la crédibilité et de la transparence du scrutin présidentiel.

Cette étape judiciaire est cruciale pour la suite du processus. La décision de la Cour suprême pourrait soit confirmer définitivement les résultats provisoires annoncés par la DGE, soit ouvrir la voie à des corrections, voire à des mesures exceptionnelles si des irrégularités majeures étaient avérées. Dans tous les cas, son verdict est attendu comme l’ultime arbitrage institutionnel dans ce dossier sensible.

Dans l’opinion publique, cette démarche du FRONDEG suscite des réactions contrastées. Pour certains observateurs, le recours est un droit légitime qui participe au renforcement de l’État de droit et de la démocratie. Pour d’autres, il s’agit d’une contestation vouée à l’échec, au regard de l’ampleur de la victoire annoncée du candidat du GMD.

En attendant, tous les regards sont désormais tournés vers la Cour suprême, appelée à trancher dans les prochains jours un contentieux électoral qui pourrait marquer durablement la séquence post-électorale en Guinée.

Mamadouba CAMARA

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