Dans un contexte social marqué par de fortes tensions et des débats parfois virulents au sein du mouvement syndical, le NFOS-SLECG de la région de Zaly sort de sa réserve. Dans un long message d’analyse et d’orientation, l’organisation lance un appel solennel au calme, à la retenue, au patriotisme et surtout à une communication syndicale responsable, afin d’éviter des dérapages susceptibles de fragiliser davantage les structures syndicales et de nuire aux intérêts des travailleurs guinéens.
S’adressant aux enseignants, aux syndicalistes et à l’ensemble du peuple de Guinée, l’auteur du message, syndicaliste et formateur en leadership, dit avoir constaté avec amertume certaines dérives de langage et de stratégie sur les plateformes de communication syndicale. Des prises de parole jugées excessives, mal maîtrisées ou juridiquement risquées, qui peuvent porter préjudice non seulement aux organisations syndicales elles-mêmes, mais aussi à leurs partenaires et à la crédibilité du mouvement syndical dans son ensemble.
Pour y remédier, le NFOS-SLECG de Zaly propose une réflexion structurée autour de plusieurs axes majeurs, au cœur de l’action syndicale moderne. Il insiste d’abord sur la nécessité d’adopter une stratégie claire et crédible pour revendiquer l’amélioration des conditions de vie et de travail. Selon le document, toute revendication efficace doit s’appuyer sur des données objectives, des comparaisons fiables, le respect du cadre juridique national et international, ainsi que sur des revendications réalistes et hiérarchisées. Le dialogue social est présenté comme une force, et non une faiblesse, à condition qu’il soit accompagné d’un rapport de force responsable et maîtrisé.
L’analyse met également en garde contre les conséquences néfastes des rivalités internes entre structures syndicales. Fragmentation, perte de crédibilité, affaiblissement du pouvoir de négociation face à l’État, instrumentalisation politique et instabilité sociale figurent parmi les risques identifiés. Pour le NFOS-SLECG, les conflits internes publics sont souvent plus destructeurs que le rapport de force avec le gouvernement, car ils exposent le mouvement syndical à la marginalisation et à la méfiance des travailleurs eux-mêmes.
À l’inverse, l’unité syndicale est présentée comme un levier stratégique essentiel. Parler d’une seule voix renforce la crédibilité auprès de l’État, améliore la capacité de mobilisation, protège davantage les travailleurs et favorise un dialogue social durable. L’unité permet aussi de mutualiser les compétences, de renforcer la formation syndicale et d’accroître l’influence du mouvement syndical guinéen sur la scène internationale, notamment auprès de l’Organisation internationale du Travail.
Un accent particulier est mis sur le langage à tenir en période de négociation et de conflit. Le document appelle à bannir toute accusation non fondée, les propos violents ou les menaces, au profit d’un discours institutionnel, factuel et juridiquement sûr. Attaquer les faits plutôt que les personnes, invoquer la loi plutôt que la force, revendiquer des droits sans tomber dans l’excès, telles sont les règles d’or rappelées aux communicants syndicaux.
À travers cet appel, le NFOS-SLECG de Zaly invite enfin l’État guinéen à rester attentif aux préoccupations de l’intersyndicale de l’éducation, dans un esprit de dialogue, de respect mutuel et de responsabilité patriotique. Un message qui se veut à la fois un signal d’alerte et une main tendue, pour préserver la stabilité sociale et renforcer la défense collective des travailleurs en Guinée.
Mamadouba CAMARA