En Guinée, la démocratie traverse une épreuve décisive. Alors que le pays s’approche d’un référendum constitutionnel prévu le 21 septembre, la junte au pouvoir a décidé de suspendre trois des plus grands partis politiques pour une durée de quatre-vingt-dix jours. Parmi eux, celui de l’ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo, qui refuse de se laisser réduire au silence.
Dès l’annonce de la suspension, son parti, l’UFDG, a dénoncé une décision « illégale » et s’est engagé à porter l’affaire devant la justice. Ce geste n’est pas seulement une bataille politique : c’est un symbole. Un symbole de résistance face à une volonté perçue comme une confiscation du pouvoir, un refus de céder à l’arbitraire et une détermination à défendre la place du peuple dans la construction de son avenir.
Car au-delà des rivalités de partis, la question est plus vaste : quel avenir la Guinée veut-elle pour sa démocratie ? Une nation où la diversité des opinions est respectée, où chaque voix compte, ou un espace politique verrouillé par la peur et l’exclusion ?
L’histoire des peuples nous rappelle que la liberté n’est jamais donnée, elle se conquiert. La suspension de ces partis n’est pas seulement une décision administrative, c’est une épreuve qui teste la maturité politique de la Guinée et la force de sa société civile. Déjà, l’opposition et les mouvements citoyens annoncent des manifestations pour défendre ce qu’ils considèrent comme l’essence même de la République : la participation libre et équitable de tous.
Face aux obstacles, l’UFDG et les autres formations suspendues rappellent que la justice demeure un recours ultime. Saisir la cour suprême, c’est envoyer un message fort : on peut confisquer des sièges, restreindre des campagnes, mais on ne peut pas éteindre le droit du peuple à choisir.
La Guinée se trouve aujourd’hui à un carrefour. Chaque décision, chaque acte de résistance, chaque voix élevée devient une pierre posée sur le chemin d’une démocratie plus solide. Et si l’histoire nous enseigne une chose, c’est que même dans les moments les plus sombres, le courage d’un peuple finit toujours par éclairer son avenir.
Mamadouba CAMARA