Cosa sous tension : quand la jeunesse exprime sa voix et que l’État répond par la force

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Ce vendredi après-midi, le quartier de Cosa a une fois de plus été le théâtre d’affrontements entre jeunes manifestants et forces de l’ordre. Tout est parti aux abords des rails, lorsque des groupes de jeunes ont tenté de barrer la route, paralysant la circulation et obligeant les usagers à rebrousser chemin.

Rapidement, les forces de maintien d’ordre, déployées en grand nombre, sont intervenues. Entre jets de pierres et gaz lacrymogènes, l’air s’est alourdi d’une tension palpable. Pourtant, derrière ce bras de fer entre la rue et l’État, c’est une réalité plus profonde qui s’exprime : celle d’une jeunesse en quête d’écoute, et d’une autorité soucieuse de préserver l’ordre public.

Car au-delà des échauffourées, Cosa incarne un symbole. Celui d’une population qui ne se résigne pas au silence, et celui d’un pouvoir qui cherche à contenir la contestation. Dans cette lutte, c’est tout l’équilibre fragile entre liberté d’expression et sécurité publique qui est remis en question.

La journée de mobilisation appelée par les forces vives est restée relativement calme dans d’autres quartiers de la capitale, grâce au renforcement des dispositifs sécuritaires. Mais Cosa rappelle que la paix sociale n’est pas qu’une affaire de déploiement policier : elle repose sur le dialogue, l’écoute, et la capacité à transformer la colère en solutions concrètes.

Aujourd’hui plus que jamais, l’avenir de la Guinée dépend de ce choix : répondre à la contestation par la confrontation, ou construire des passerelles de compréhension. Car une nation se bâtit dans l’échange, pas dans la fracture.

Mamadouba CAMARA

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