N’Zérékoré : les libertés publiques et les réseaux sociaux au cœur d’un panel dédié à la jeunesse

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Dans le cadre de la cinquième journée de la Semaine de l’indépendance, lancée le vendredi 25 septembre 2026, l’amphithéâtre Dr Oumar Keïta de l’Université de N’Zérékoré a abrité, ce mercredi 30 septembre, un panel consacré à la jeunesse et aux enjeux liés aux libertés publiques.

Placée sous le thème « Libertés publiques et utilisation responsable des réseaux sociaux : jeunesse et opportunités d’emploi », la rencontre a réuni des autorités administratives et judiciaires, des responsables locaux, des cadres, des étudiants et plusieurs jeunes autour d’échanges portant notamment sur les droits, les devoirs citoyens, les réseaux sociaux et l’insertion professionnelle.

Prenant la parole, le maire de la commune de N’Zérékoré, Germain Tabaguez Kolié, a placé son intervention sous le signe de l’engagement citoyen et de la responsabilité de la jeunesse.

Rappelant que la fête de l’indépendance constitue un moment de mémoire et de réflexion, il a invité les jeunes à considérer leur génération comme une force pour le développement du pays.

Pour le maire, l’indépendance ne représente pas uniquement un héritage historique. Elle implique également des responsabilités, notamment le respect des institutions, la protection des biens publics, la préservation de l’unité nationale et la participation au développement de la communauté.

Il a également insisté sur la nécessité pour les jeunes de se former, d’entreprendre, de créer et de persévérer face aux difficultés d’insertion professionnelle.

« Votre jeunesse est une force », a-t-il notamment rappelé, appelant les jeunes à ne pas céder à la violence, à la haine, à la division et au découragement.

Le maire a par ailleurs encouragé une participation accrue des jeunes à la vie de la commune, estimant qu’une collectivité ne se construit pas uniquement avec des infrastructures, mais également avec des citoyens responsables et engagés.

À son tour, le préfet de N’Zérékoré, Colonel Étienne TOUNKARA, a remercié les participants, les organisateurs, l’Université de N’Zérékoré ainsi que les différents panélistes ayant accepté de prendre part à cette rencontre.

Il a particulièrement salué la mobilisation autour de cette activité et l’importance des échanges avec la jeunesse.

Le préfet a ensuite déclaré officiellement ouverts les travaux du panel, invitant les participants à profiter de la rencontre pour échanger sur les différentes problématiques soulevées par le thème.

Parmi les intervenants, le capitaine Souleymane SOW a développé les questions liées aux libertés publiques, à l’utilisation des réseaux sociaux et aux opportunités offertes à la jeunesse.

Selon lui, les libertés publiques permettent aux citoyens de participer à la vie de la société, notamment à travers la liberté d’expression, de réunion, d’association et de conscience.
Mais ces libertés doivent être exercées dans le respect des autres et des règles établies.

Abordant spécifiquement les réseaux sociaux, le capitaine a souligné leur importance dans l’information, la communication, la formation et la recherche d’opportunités professionnelles. Il a toutefois attiré l’attention des jeunes sur les risques liés à leur utilisation irresponsable : désinformation, insultes, violences verbales, rumeurs, escroqueries ou encore diffusion de contenus sans consentement.

Il a ainsi invité les participants à adopter une attitude prudente avant toute publication ou tout partage.

Il a proposé quatre questions auxquelles chaque utilisateur devrait réfléchir avant de partager une information :

Est-ce vrai ? Quelle est la source ? L’information est-elle authentique ? Est-il réellement utile de la partager et pourrait-elle porter préjudice à quelqu’un ou provoquer un conflit ?

Pour le capitaine Souleymane SOW, l’éducation civique et la sensibilisation des jeunes restent essentielles pour favoriser une utilisation responsable des réseaux sociaux.

Le procureur Moussa CAMARA a, de son côté, abordé les libertés publiques sous l’angle juridique.
Il a expliqué que ces libertés sont reconnues aux citoyens et protégées par les textes juridiques. Elles doivent cependant être exercées sans porter atteinte aux droits et libertés des autres.

« J’ai des libertés, j’ai des droits, mais comment, dans une société responsable, je peux me comporter et exercer ces libertés que l’État me garantit sans pour autant nuire à la liberté des autres ? », a-t-il expliqué en substance.

Le magistrat a également évoqué plusieurs questions liées à la sécurité et au respect des décisions prises par les autorités. Il a notamment appelé les jeunes et les responsables locaux à accompagner les actions engagées contre certains phénomènes préoccupants dans la commune, notamment la consommation de chicha et la criminalité.

Il a insisté sur le rôle de chacun dans la construction d’un environnement plus sûr, en encourageant notamment la collaboration entre les autorités, les forces de défense et de sécurité, les responsables de quartiers et les organisations de jeunesse.


Au fil des échanges, une idée majeure s’est dégagée : les réseaux sociaux constituent aujourd’hui un espace important d’expression et d’opportunités pour la jeunesse, mais leur utilisation nécessite également discernement et responsabilité.

Facebook, WhatsApp, TikTok, YouTube et les autres plateformes peuvent servir à s’informer, se former, communiquer, développer une activité ou rechercher des opportunités professionnelles. Mais ils peuvent également devenir des vecteurs de fausses informations, de conflits et d’atteintes aux droits d’autrui lorsqu’ils sont utilisés sans précaution.

Cette cinquième journée de la Semaine de l’indépendance aura ainsi permis de placer la jeunesse de N’Zérékoré au centre d’une réflexion sur ses droits, ses devoirs et les possibilités offertes par le numérique.

À travers ce panel, les participants ont été invités à considérer la liberté non seulement comme un droit, mais également comme une responsabilité citoyenne, particulièrement à l’ère des réseaux sociaux et des nouvelles opportunités professionnelles.

Mamadouba CAMARA

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