Migrants expulsés des États-Unis : la Sierra Leone signe un accord controversé avec Washington

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La Sierra Leone s’apprête à franchir un cap majeur dans sa coopération migratoire avec les États-Unis. Le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères, Timothy Kaba, a annoncé vendredi 16 mai 2026 que son pays accueillera des migrants africains récemment expulsés du territoire américain.

Selon les informations rapportées par Reuters, cette décision découle d’un accord conclu entre Freetown et Washington, alors que l’administration de Donald Trump intensifie sa politique d’expulsion des migrants en situation irrégulière. Un premier vol est attendu le 20 mai prochain. À son bord, 25 ressortissants du Ghana, du Sénégal, du Nigeria et de la Guinée.

D’après Timothy Kaba, la Sierra Leone a signé un « accord de pays tiers » avec les États-Unis. Celui-ci prévoit l’accueil de jusqu’à 300 ressortissants des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, à raison d’un maximum de 25 personnes par mois. Une démarche qui s’inscrit, selon lui, dans le cadre des relations bilatérales entre les deux États, notamment sur les questions migratoires.

Le mécanisme adopté par Freetown ne serait pas inédit sur le continent. Reuters souligne qu’il est similaire à celui mis en place par le Ghana. Toutefois, l’agence de presse rappelle que certaines personnes expulsées vers le Ghana, la Guinée équatoriale et d’autres pays africains auraient ensuite été contraintes de regagner leur pays d’origine, malgré des protections judiciaires obtenues aux États-Unis.

Pour l’heure, les autorités sierra-léonaises restent discrètes sur les contreparties de cet accord. Aucune précision n’a été donnée quant aux avantages économiques, diplomatiques ou sécuritaires susceptibles d’accompagner cette coopération.

Ce rapprochement intervient dans un contexte historique marqué par des tensions. En 2017, lors du premier mandat de Donald Trump, Washington avait imposé des restrictions de visas à certains responsables sierra-léonais, accusant Freetown de ne pas coopérer efficacement dans le rapatriement de ses ressortissants.

Aujourd’hui, la dynamique semble inversée. Reste à savoir comment cette décision sera perçue au sein de l’opinion publique ouest-africaine, notamment dans les pays concernés par ces expulsions.

Mamadouba CAMARA pour lereveil224.info

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