L’ancien ministre guinéen de la Santé, Rémy Lamah, est attendu ce mercredi 29 avril 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Une comparution qui suscite déjà de nombreuses réactions, d’autant plus qu’il avait bénéficié d’une relaxe en décembre 2024 dans cette même affaire.
Ce retour devant la juridiction spécialisée marque un tournant dans la gestion des dossiers économiques sensibles. À son arrivée à la tête du parquet spécial, Alphonse Charles Wright avait clairement affiché sa volonté de rouvrir et de réexaminer certaines affaires classées ou jugées, estimant que la lutte contre la corruption devait être menée sans complaisance.
L’affaire concerne des accusations de corruption dans la passation, l’exécution et le contrôle de marchés publics. Aux côtés de l’ancien ministre, la société Soguimap avait également été poursuivie pour des faits similaires, notamment pour complicité. Au cœur du litige figure un contrat de fourniture de produits pharmaceutiques obstétricaux, d’un montant estimé à 102 milliards de francs guinéens.
La société chinoise ZMC conteste la résiliation de ce marché à son profit, dénonçant des irrégularités dans la procédure ayant conduit à l’attribution du contrat à Soguimap. Ce contentieux met en lumière les enjeux financiers colossaux liés aux marchés publics dans le secteur de la santé, un domaine particulièrement sensible pour un pays confronté à de multiples défis sanitaires.
Pour de nombreux observateurs, ce nouveau passage devant la CRIEF pose une question fondamentale : jusqu’où ira la volonté de moralisation de la vie publique ? La réouverture d’un dossier déjà jugé peut être perçue comme un signal fort contre l’impunité, mais elle interroge aussi sur la stabilité des décisions judiciaires.
Au-delà des personnes concernées, c’est la crédibilité des institutions judiciaires qui se joue. Cette audience pourrait ainsi devenir un test majeur pour la justice économique guinéenne, appelée à démontrer à la fois son indépendance, sa rigueur et son attachement au respect des droits de la défense.
Une chose est sûre : ce mercredi 29 avril, tous les regards seront tournés vers la CRIEF, dans une affaire qui pourrait redéfinir les contours de la lutte contre la corruption en Guinée.
Mamadouba CAMARA pour lereveil224.info