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Le ministre porte-parole du gouvernement guinéen, Ousmane Gaoual Diallo, est revenu une nouvelle fois sur la situation de son ancien mentor politique, Cellou Dalein Diallo, actuellement hors de la Guinée depuis plusieurs années. Invité du Journal Afrique de TV5 Monde, le porte-parole du gouvernement a tenu à lever toute ambiguïté autour de ce qu’il qualifie de « supposé exil » de l’ancien Premier ministre.
Selon Ousmane Gaoual Diallo, aucune interdiction administrative, politique ou judiciaire n’empêche Cellou Dalein Diallo de rentrer en Guinée. Il insiste sur le fait que la notion d’exil forcé ne correspond pas à la réalité actuelle. « Il n’y a pas d’exilé au sens où quelqu’un serait empêché de rentrer dans son pays. Cellou peut venir, Sidya peut rentrer. Aucune interdiction ne leur est faite », a-t-il affirmé sur le plateau de TV5 Monde.
Pour le gouvernement, la situation est claire : le maintien à l’étranger de certaines figures politiques relève exclusivement de décisions personnelles. Ousmane Gaoual Diallo estime que le choix de Cellou Dalein Diallo de rester hors du pays s’explique par la crainte d’éventuelles poursuites judiciaires. « Il dit que s’il rentre, il devra rendre des comptes à la justice, et qu’il ne le souhaite pas », a-t-il déclaré, ajoutant que cette posture pose un problème de crédibilité politique.
Le porte-parole du gouvernement va plus loin en questionnant la légitimité d’une ambition présidentielle dans un tel contexte. « On ne voit pas comment un homme qui refuse de rendre des comptes peut prétendre diriger un pays », a-t-il lancé, dans des propos qui risquent de raviver les tensions au sein de la classe politique guinéenne.
Cette sortie médiatique intervient dans un climat politique encore marqué par la transition en cours et par les débats sur le retour des acteurs politiques majeurs de la scène nationale. Pour les autorités, l’État guinéen n’a érigé aucun obstacle au retour des anciens Premiers ministres ou leaders politiques vivant à l’étranger. « Il n’y a aucun obstacle pour ceux qui souhaitent rentrer en Guinée », a martelé Ousmane Gaoual Diallo, se voulant catégorique.
Cependant, ces déclarations ne manquent pas de susciter des réactions contrastées. Du côté des partisans de Cellou Dalein Diallo, la question du retour ne se limite pas à une simple volonté individuelle. Ils évoquent un environnement politique et judiciaire qu’ils jugent peu favorable, voire hostile, à un retour serein et sécurisé de leur leader. Pour eux, parler de « choix personnel » occulte les réalités politiques du moment.
À l’inverse, le gouvernement maintient sa ligne : la justice doit être la même pour tous, sans distinction de statut ou de parcours politique. Dans cette logique, répondre aux convocations judiciaires ou accepter d’éventuelles procédures serait une exigence normale pour toute personnalité aspirant à exercer les plus hautes fonctions de l’État.
En ravivant ce dossier sensible, Ousmane Gaoual Diallo remet au centre du débat national la question de la responsabilité politique et judiciaire des leaders, dans un pays en quête de stabilité et de refondation institutionnelle. Reste à savoir si ces déclarations favoriseront un retour apaisé des acteurs politiques ou, au contraire, accentueront les fractures déjà existantes.
Mamadouba CAMARA pour lereveil224.info