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Le gouvernement a annoncé l’organisation des élections législatives avant le mois de mai 2026, marquant une étape majeure dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel en Guinée. Cette annonce intervient quelques semaines après l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, remportée par Mamadi Doumbouya, et à la veille de son investiture prévue le 17 janvier prochain.
À travers cette déclaration, les autorités guinéennes affichent clairement leur volonté de tourner définitivement la page de la transition politique entamée après les événements de septembre 2021. Le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a confirmé que l’année 2026 sera décisive pour l’achèvement du processus institutionnel, avec l’organisation de l’ensemble des scrutins restants. « Il est prévu que ces élections se déroulent cette année », a-t-il assuré, se voulant rassurant quant à l’engagement de l’exécutif.
Selon le schéma retenu par le gouvernement, les élections législatives ouvriront la séquence électorale. Elles seront ensuite suivies par les élections communales, dans un calendrier jugé réaliste et réalisable par les autorités. Cette approche progressive vise à reconstruire, étape par étape, toutes les institutions prévues par la Constitution, longtemps restées incomplètes.
Pour Ousmane Gaoual Diallo, ces élections revêtent une importance particulière dans l’histoire politique du pays. Elles permettront notamment de doter la Guinée, pour la première fois, de conseils régionaux et d’un Sénat. « Les législatives, puis les élections communales, vont avoir pour conséquence de doter notre pays de conseils régionaux et de sénateurs, et de faire en sorte que les Guinéens puissent boucler toutes les élections et parachever la transition avec la mise en place des institutions républicaines », a-t-il expliqué.
Le ministre a également souligné que l’objectif est de finaliser tout le processus avant le début de l’hivernage, une période qui complique souvent l’organisation des consultations électorales en raison des contraintes logistiques et climatiques. « C’est envisageable, fortement », a-t-il insisté, laissant entendre que le gouvernement travaille déjà à lever les obstacles techniques et organisationnels.
Cette annonce intervient dans un contexte où l’opinion publique, la classe politique et la société civile restent attentives au respect des engagements pris par les autorités de la transition. Après plusieurs ajustements du chronogramme au fil des années, l’annonce d’un calendrier plus resserré est perçue par certains comme un signal fort, tandis que d’autres appellent à la prudence et à la transparence dans la préparation des scrutins.
Pour l’exécutif, cette accélération du calendrier électoral répond avant tout à une volonté clairement exprimée par le président de la République. Selon Ousmane Gaoual Diallo, Mamadi Doumbouya souhaite impulser une nouvelle dynamique dès son investiture. « Le Président souhaite que cela se passe dans les meilleures conditions et très rapidement », a-t-il affirmé, soulignant l’exigence de crédibilité, d’inclusivité et d’apaisement autour des prochaines élections.
Si ce calendrier est respecté, l’organisation des législatives avant mai 2026 pourrait constituer un tournant majeur pour la Guinée, privée de Parlement élu depuis plusieurs années. Elle ouvrirait également la voie à une normalisation complète de la vie politique et institutionnelle, condition essentielle pour renforcer la stabilité du pays et restaurer la confiance des partenaires nationaux et internationaux.
Les prochains mois seront donc déterminants. Ils diront si les promesses annoncées se traduiront en actes concrets et si la Guinée parviendra, enfin, à refermer le chapitre de la transition pour entrer pleinement dans une nouvelle ère institutionnelle.
Mamadouba CAMARA pour lereveil224.info